Les dossiers d'actualité



François Hollande ou la rupture tranquille

Au pays des aveugles, les borgnes sont rois. Le délitement de l’UMP fait le bonheur très relatif du PS. En déclarant dimanche que, “ce soir, tout commence” Martine Aubry a donné le départ officiel de la course aux présidentielles. Une vraie course mais un faux départ. Car, si “tout le monde a le droit d’être candidat“, l’unité doit prévaloir prévient la Première secrétaire qui doucement mais sûrement avance ses pions. La taulière de la rue de Solférino entend bien verrouiller le dispositif pour DSK ou pour elle-même. Quitte à tout faire pour rendre inaudible l’entrée imminente de François Hollande dans la compétition. La lutte fratricide entre les ténors socialistes occulte l’essentiel. Le fossé entre les Français et leurs dirigeants politiques ne cesse de se creuser. Dans l’éditorial du Monde du 28 mars, Erik Izraelewicz rappelle que “lors de la campagne de 2007, le candidat Nicolas Sarkozy avait diagnostiqué avec pertinence le danger pour la démocratie de ce divorce entre les citoyens et leurs élus. Il avait compris que, pour rétablir le lien, il fallait que les politiques parlent un langage de vérité, qu’ils s’attaquent aux vrais problèmes, qu’ils cessent de provoquer des débats inutiles ou d’exacerber de grandes peurs”. [...]
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Henry Moreigne


En attendant l’affaire Longuet

Alors que le feuilleton Woerth-Bettencourt rebondit après une courte pause, le cas de Gérard Longuet pourrait bien, à son tour, défrayer la chronique. A peine nommé ministre de la défense, l’intéressé fait l’objet d’une plainte pour prise illégal d’intérêt de la part d’un actionnaire minoritaire de GDF Suez, Jean-Marie Kuhn, qui reproche à l’ancien patron des sénateurs UMP d’avoir été le conseiller rémunéré de GDF-Suez pendant quinze mois au moment où le parlement examinait la loi Nome (Nouvelle organisation du marché de l’électricité) qui oblige EDF à vendre une partie de sa production nucléaire à ses concurrents. Gérard Longuet a beau se réfugier derrière le fait qu’il est resté muet sur les questions d’énergie quand elles sont venues en discussion au Sénat, le mélange des genres interpelle. Mauvais point pour le nouveau ministre, la mission de conseil à GDF-Suez via une société dont il est actionnaire majoritaire n’aurait pas été déclarée au Bureau du Sénat. Cela n’empêche pas l’intéressé de se proclamer “serein” et “inoxydable”. Le ministre avançe que la mission s’inscrivait dans l’activité normale de la société. Le montant du contrat incriminé est pourtant loin d’être anodin, de l’ordre de 450.000 euros payés soit directement à la société de conseil Sokrates, soit directement à Gérard Longuet. [...]
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Henry Moreigne




Pour DSK, 2011 sera l’année la plus longue

Rien de mieux au PS qu’un petit tour de calendrier pour débuter l’année.”Maintenant, il est temps que Dominique sache ce qu’il veut faire“. Le propos attribué à Martine Aubry est largement partagé dans les rangs socialistes face à l’arlésienne DSK. Fatiguée d’attendre un signe qui ne vient pas, tiraillée par les contraintes des alter-candidats, la direction socialiste a tranché le nœud gordien des primaires. Ni plus tôt comme le réclamaient François Hollande, Manuel Valls et Ségolène Royal, ni plus tard comme le demandaient les partisans de DSK. Les candidatures devront être déposées au plus tard le 13 juillet prochain, et le scrutin se tiendra les 9 et 16 octobre. Ce refus de céder aux caprices de la star américaine a suscité l’énervement de son agent officiel à Paris, le très trouble Jean-Christophe Cambadélis. Convaincu que sa demande de calendrier taillé sur mesure pour DSK ne passerait pas, le député de Paris, spécialiste reconnu des coups de Jarnac, a anticipé en accordant dès mercredi matin un entretien saignant à Libération. [...]
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Henry Moreigne


Le double jeu de Jean-François Copé

Sans tabou mais trompettes, le duo Copé-Jacob joue les éléphants dans un magasin de porcelaine. En s’attaquant frontalement et brutalement aux 35 heures et aux fonctionnaires, les Bonnie and Clyde de la majorité prennent le risque de mettre à dos de l’UMP une part non négligeable de l’électorat. Une politique de la terre brulée suspectée de servir l’ambition présidentielle du Maire de Meaux en 2017, avec le risque calculé de faire perdre Sarkozy en 2012. « Dieu me garde de mes amis; mes ennemis je m’en charge ». La vie de la majorité présidentielle n’est pas celle d’un long fleuve tranquille. Fin tacticien, Nicolas Sarkozy use des vieilles ficelles notamment diviser pour continuer à régner. Copé à l’UMP constitue un contre-feu aux velléités d’indépendance de Fillon. En réglant un problème, le chef de l’Etat en a créé un second. Donner les clés de la maison UMP au très ambitieux député-maire de Meaux est une stratégie à hauts risques. Ancien premier flic de France, Nicolas Sarkozy mise toutefois sur une classique répartition des rôles [...]
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Henry Moreigne


Un boulevard pour le FN

La femme par qui le scandale arrive, c’est bien Marine Le Pen. Mais ceux par qui le FN pourrait bien gagner dans les urnes, ce sont tous ceux qui, entre angélisme et petits calculs, offrent une incroyable tribune à la candidate à la succession de son père. Il aura suffit de sortir opportunément le petit dérapage qui va biensur le plateau de l’émission “A vous de juger” sur France 2, où elle a attiré plus de téléspectateurs que François Fillon ou Martine Aubry… Les réflexes pavloviens ont fait le reste. Tout ce qui est excessif est pourtant insignifiant. Les propos de Marine Le Pen comparant les prières des musulmans dans les rues à l’Occupation sont dans cette veine et n’auraient pas dus être montés en épingle comme ils l’ont été. [...]
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Henry Moreigne


L’OPA de Ségolène Royal sur DSK

Les pieds dans le plat. Ségolène Royal n’a pas failli à sa réputation en surgissant de sa boite quand on ne l’attendait pas. L’ex candidate des socialistes aux présidentielles de 2007 a annoncé lundi dans un entretien à deux quotidiens régionaux, La Nouvelle République et Centre Presse, qu’elle est candidate aux primaires pour 2012. Ce matin sur France Inter, réfutant dans des explications alambiquées avoir rompu le pacte avec Martine Aubry et DSK, la dame du Poitou a précisé qu’elle n’était en mouvement contre personne, surtout pas contre DSK avec qui tous les arrangements restent possibles. Si Ségolène Royal devait se choisir une devise, elle pourrait adopter celle de la ville de Paris : “Fluctuat nec mergitur” (battu par les flots mais ne sombre pas). Mal placée dans les sondages, la présidente de Poitou-Charentes n’entend pas jouer les potiches dans la perspective de 2012. Après avoir réfuté ce week-end l’existence d’un pacte pour les primaires évoqué par Martine Aubry, ce matin sur France Inter, Ségolène Royal nuançait ses propos. [...]
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Henry Moreigne


Le PS et les primaires bananières

Les éléphants chassent en meute. En rendant public leur pacte de non agression, la troïka DSK-Aubry-Royal offre un enterrement sans fleur ni couronne aux primaires socialistes. La manœuvre, peu appréciée des autres prétendants, vise à verrouiller un dispositif à l’origine innovant, participatif et ouvert. Quitte à donner des allures de farce à des primaires condamnées, faute d’accord avec les autres partenaires, à n’être que socialo-socialistes. Effacée pour ne pas dire quasi-inexistante dans le débat public sur la situation économique et sociale du pays, Martine Aubry semble essentiellement préoccupée par son job de DRH du PS. A la cantine de Solferino, “la mère Aubry” au sens du bistrot Lyonnais entend bien garder la mainmise sur la soupe qui sera servie en 2012. [...]
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Henry Moreigne


Karachi, l’affaire qui rend fou Sarkozy

L’air de Lisbonne au parfum de Karachi ne réussit pas au Chef de l’Etat Français qui s’est une nouvelle fois fait remarquer par un comportement « surprenant » lors du sommet de l’Otan de la semaine dernière. Outre une altercation vive avec son homologue roumain, Nicolas Sarkozy a usé d’une comparaison douteuse à l’égard d’un journaliste qui avait eu l’impudence de revenir sur l’affaire Karachi. La première scène n’a échappé à personne, immortalisée par les caméras de télévision. Vendredi soir lors de la traditionnelle photo de famille réunissant les chefs d’État et de gouvernement, Nicolas Sarkozy refuse ostensiblement d’ouvrir un dialogue avec son homologue Roumain. Anecdotique certes. Quasi comique même quand Traian Basescu interloqué s’en va raconter la scène à Silvio Berlusconi et que celui-ci à deux reprises met son index sur la tempe pour faire comprendre qu’à ses yeux le président français est …fou. [...]
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Henry Moreigne


Ecologistes : le temps de la maturité

La date devrait figurer en bonne place dans les annales de l’écologie politique. Ce week-end, les tribus gauloises de l’écologie réunies en assises nationales à Lyon ont choisi de fusionner. Ce mariage de raison plus que d’amour doit beaucoup à Daniel Cohn-Bendit. Le « schtroumpf grognon » comme le désigne Cécile Duflot a donné avec Europe Ecologie le goût de la victoire et de l’ambition à la mouvance écologiste. Le plus dur reste toutefois à faire : bâtir une plateforme programmatique solide. L’ambition c’est de faire aussi bien les cousins allemands, de passer de force supplétive à un mouvement politique faisant jeu égal avec les sociaux démocrates. La difficulté n’est pas tant de faire un bon score sur une élection mais réitérer, de s’ancrer dans le paysage politique à un niveau qui fait de vous un acteur incontournable. La référence demeure à cet égard les européennes de 2009 avec un niveau jamais atteint de 16,28 % soit à peu près l’étiage d’un parti socialiste en très petite forme.[...]
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Henry Moreigne


DSK : la piste européenne

Viendra, viendra pas ? DSK entretient, avec succès, le suspense sur ses intentions au regard des présidentielles de 2012. Tout et son contraire s’étale dans la presse mais depuis quelques jours les choses semblent s’emballer. Le très bien informé Jean Quatremer, journaliste à Libération évoque sur son blog “Coulisses de Bruxelles“, la piste de la présidence de la Banque centrale européenne. Ce scénario ourdi par l’Elysée aurait l’avantage d’écarter un concurrent potentiel, favori des sondages.Il y a presque un an, le 8 décembre 2009, Nicolas Sarkozy jouait encore les cadors et s’autoproclamait comme le DRH suffisamment malin du PS, pour avoir envoyé l’encombrant DSK à Washington. Oui mais voilà, la dégradation de la situation intérieure française est telle que la possibilité de battre le président de la république sortant aiguise bien des appétits, dont celui du directeur du FMI. [...]
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Henry Moreigne


Le cas Mélenchon

Aité du bocal, écorché vif ou simplement grande gueule populiste, le cas Mélenchon divise. Sa dernière saillie sur David Pujadas a suscité une vive polémique mais doit être appréciée à l’aune d’un lourd passif médiatique marqué par la recherche de la formule choc, de la phrase assassine et désormais de l’insulte facile. Sa prestation au Grand Jury RTL du 10 octobre permet de mieux cerner le personnage et de tenter de comprendre ses ressorts. “Je dis ce que j’ai à dire”, “moi je réagis“. L’eurodéputé estime que le peuple l’a élu comme il est et, qu’il n’a pas à changer en fonction des cénacles dans lesquels il évolue. Jean-Luc Mélenchon revendique donc un parler vrai qui ne saurait être de la grossierté car, l’élu aime à rappeler qu’il a des lettres et une solide culture. N’allez pas lui dire qu’il s’enferme dans un personnage, la réponse, bravache, fuse aussitôt : “personne n’est de taille à m’enfermer dans quoi que ce soit“. Non, Mélenchon à sa façon est une personnalité habitée par le sentiment d’avoir une mission à accomplir : “porter la parole des humiliés, de ceux qui n’ont jamais droit à la parole, qu’on pressure de toutes les manières“. “Moi, je dis des choses banales que tout le monde ressent“.[...]
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Henry Moreigne


L’Elysée vaut bien un déplacement au Vatican

Qui a dit que Nicolas Sarkozy était inculte ? Le Président de la république inspiré par Henri IV, abjure, le temps d’un déplacement à Rome, la chasse aux Roms. La mémoire collective a retenu du roi de Navarre certes la poule au pot mais surtout ce que l’intéressé avait qualifié lui-même de “saut périlleux” lorsque le 25 juillet 1593, il avait abjuré le protestantisme dans l’église de Saint-Denis. Nicolas Sarkozy partage avec le bon roi Henri le goût des pirouettes. Avant de devenir roi de France le souverain de Navarre avait changé six fois de religion. Nicolas Sarkozy fait sans doute peu de cas des remontrances du souverain pontife. Le 22 août dernier, Benoît XVI avait ajouté sa touche au trouble quasi-universel suscité par la politique de la France à l’égard des Roms en appelant en français la fille aînée de l’église à “accueillir les légitimes diversités humaines“. [...]
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Henry Moreigne


Vers l'accident industriel ?

Le gouvernement entre dans une zone de grosses turbulences parlementaires. Les premiers trous d'air apparaissent déjà à l'Assemblée nationale, avec la rébellion de la majorité sur le projet de loi organique sur la dette sociale, et les remous autour de la loi sur l'immigration, où l'adoption de l'article sur la déchéance de nationalité a été un peu ric-rac. Le refus de la commission des lois et de celle des affaires sociales de prolonger de 4 ans la CADES (Caisse d'amortissement de la dette sociale) est un sujet technique, mais avec un enjeu politique assez simple à comprendre. Cette CADES avait été créée par Alain Juppé en 1996, pour y loger la dette de la sécurité sociale, en y affectant des ressources (notamment le CRDS). Cette opération devait se terminer en 2009, une fois la dette apurée. Sauf que la tentation était trop grande pour les politiques de transformer cette opération temporaire en une opération permanente de fait, en continuant à y mettre les dettes de la sécurité sociale, sinon, il faut prolonger la durée de la CADES, et donc des prélèvements affectées. [...]
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Samuel Authueil


Fillon-Sarkozy : après la soumission, l’ambition

Après avoir été régulièrement rabaissé, contourné, ignoré, François Fillon, à quelques pas de la sortie, adopte une posture à la fois détachée et bravache. Dans une communication soignée, le Premier ministre tente de se différencier du Chef de l’Etat. “Nicolas Sarkozy n’a jamais été mon mentor“, “J‘ai fait alliance avec lui, j’ai choisi de l’aider à être président de la République“. Après la soumission, le temps de l’ambition ? Il est libre François, ou presque. Le fil qui le relie à l’Elysée est des plus tenus. Le couple de l’exécutif sait réciproquement que le temps de la séparation a sonné. Prenant les devants, François Fillon soigne sa sortie en prenant date pour l’avenir à travers un nouveau challenge à relever . La “modestie” revendiquée des années Matignon n’explique pourtant pas tout. Jamais sous la Vème, Matignon n’est tant apparu que comme le simple relais administratif de l’Elysée. Depuis sa nomination, le Premier ministre été ectoplasmique, déconsidéré par un déplacement inédit de tous les centres de décision de Matignon vers l’Elysée [...]
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Henry Moreigne


Sarkozy : début de la fin ou fin du début ?

Et si finalement le journaliste Thomas Legrand avait raison en affirmant à l’égard de Nicolas Sarkozy que “Ce n’est rien qu’un Président qui nous fait perdre notre temps ” ? Analyse invesre au PS où l’on joue la dramatisation en évoquant une menace pour la République. Le pompon revient à Edwy Plenel (Mediapart) qui invite à faire échec dés à présent, sans attendre 2012, à un pouvoir qualifié de “dangereux”. Cette nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites est emblématique du mode de gouvernance de Nicolas Sarkozy. Cliver, opposer, pour s’imposer. Reste à savoir qui peut sortir vainqueur de ce choc des légitimités que notre président affecte tant. Légitimité de son élection au suffrage universelle, incontestable, contre légitimité de la démocratie sociale contrainte de s’exprimer dans la rue à défaut de s’exercer normalement par le biais des organisations syndicales avec le pouvoir. Nicolas Sarkozy joue avec la peur et aime à nous faire peur. La ficelle est aussi grosse qu’efficace. Peur du chômage, des attentats, de la retraite. Peur de la vie tout simplement à travers un triple sentiment d’insécurité physique, sociale et économique. La peur est malheureusement conseillère et a souvent conduit l’humanité à renier les valeurs qui font sa spécificité. Sa capacité d’empathie et d’entraide notamment. [...]
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Henry Moreigne


Europe : de solution, Sarkozy est devenu le problème

Pas si gâteux Fidel Castro. En déclarant que Nicolas Sarkozy était “fou”, le vieux leader castriste a dit tout haut ce qu’une grande partie du monde et notamment l’Europe pense tout bas. Comme beaucoup, François Bayrou, a jugé “stupéfiant et inquiétant pour la place de la France en Europe et dans le monde” l’affrontement qui a opposé Sarkozy à la Commission européenne et à l’Allemagne sur le dossier des Roms. Reste que derrière les éclats de voix se pose la question de la légitimité de la Commission européenne pour tancer les États. Le volontarisme de Nicolas Sarkozy salué pendant la crise financière a pris les allures d’éléphant dans le magasin de porcelaine européen en termes libertés publiques. [...]
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Henry Moreigne


Retraites : psychodrame à l’Assemblée sur fond de parlement croupion

Beaucoup de bruit pour rien. Pour s’épargner seulement onze petites heures de débats à la Chambre des députés, Bernard Accoyer en lien avec l’Elysée a cédé à la tentation de la manière forte. Jouant l’esprit du texte contre la lettre du réglement de l’Assemblée le président de la chambre basse a réduit les députés de gauche au silence pour respecter coûte que coûte le calendrier législatif. L’épisode confirme le mépris de l’exécutif à l’égard d’un parlement rabaissé au simple rôle de chambre d’enregistrement des oukases élyséens. On ne peut reprocher aux parlementaires socialistes de s’être engouffrés dans la brèche du nouveau règlement de l’Assemblée nationale de décembre 2009, issu de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008. Celui-ci prévoit que “chaque député peut prendre la parole, à l’issue du vote du dernier article du texte en discussion, pour une explication de vote personnelle de cinq minutes”. Une sorte de temps additionnel, qui n’est pas décompté du temps global réparti entre les groupes. A règlement mal fait, opportunité d’abuser. Bien décidés à user de leur droit et à démontrer leur combativité envers une réforme présentée comme devant être le totem du mandat de Nicolas Sarkozy, les députés de gauche s’étaient organisés pour retarder au maximum l’adoption du texte programmée pour 15 heures. [...]
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Henry Moreigne


Virer Fillon ?

Versac appelle cela le "syndrome Raphaëlle Bacqué". On le rencontre sans cesse avec les journalistes politiques, car le découpage des rubriques fait que la politique politicienne est une rubrique à part entière, qui nous raconte des belles histoires de personnalités, d'ego, de querelles et de rivalités. Le tout déconnectés de la réalité, réduisant la vie politique à des histoires des personnes. Parfois, ça va très loin. Un magnifique exemple nous est donné par un article de l'Express, qui détaille les raisons pour lesquelles, selon les journalistes auteurs de l'article, Sarkozy va virer Fillon. C'est long, c'est détaillé, mais c'est pour l'instant de la supputation, car, et ils le disent eux-mêmes, la décision n'est pas encore prise. Oui, la grande question de ce remaniement, c'est de garder ou non Fillon. C'est même la décision majeure. Il y a des arguments pour le garder, d'autres pour le changer. Dans cet article, les deux journalistes ne se concentrent que sur un aspect, celui de la relation personnelle entre les deux hommes, pour en conclure que ça ne va plus, que le courant ne passe plus, et que donc, c'est la fin. Certes, c'est un paramètre, mais ce n'est pas le plus important. François Mitterrand a bien gardé Michel Rocard pendant trois ans, alors même que les deux hommes se détestaient. Et avec le recul, on se rend compte que le limogeage de Rocard a été une erreur que la Gauche a payée très cher en 1993. [...]
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Samuel Authueil


Gauche et droite pour 2012

Nous ne sommes qu’en 2010 et 2012 est loin. Certains prédisent que ce sera la fin du monde ; ce sera en tout cas la fin du quinquennat actuel de Nicolas Sarkozy et la remise en jeu du pouvoir présidentiel. A écouter les commentateurs média, c’est plié : la gauche est favorite. A entendre le parti Socialiste devant ses militants ou dans la presse, pas de problème : il y a unité, parti en ordre, candidats compétents et programme sérieux en préparation. Sauf que les socialistes sont toujours contents d’eux, et constamment étonnés lorsqu’ils perdent. Parce qu’il existe encore un Président pour deux ans, qu’il est habile et que sa stratégie voit loin, nul ne peut prévoir qui remportera l’Elysée en 2012. Mais une chose est sûre : rien n’est joué ! [...]
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Argoul


Retraites : sortir de l’impasse en repoussant la réforme à 2012

Sans surprise, les manifestations contre le projet gouvernemental de réforme des retraites ont pris un air de tsunami, réunissant dans la rue entre 1,1 million de manifestants selon la police et 2,7 millions selon les syndicats. L’importance du sujet, présenté comme un rendez-vous pour la Nation par Jean-François Copé, mériterait mieux que d’être tranché, comme le souhaite Nicolas Sarkozy, par un bras de fer destiné à resserrer autour du chef de l’Etat une droite en proie au doute. Parce qu’elle incarne un véritable choix de société et reflète une très forte demande de justice sociale à travers une répartition équitable des efforts et des richesses, la réforme des retraites ne devrait pas être déconnectée par anticipation du débat des présidentielles de 2012. “J’entends ceux qui manifestent mais j’entends aussi ceux qui ne manifestent pas” avait déclaré Dominique de Villepin en 2006 au sujet des manifestations anti-CPE. Nicolas Sarkozy comme d’autres avant lui mise sur la France silencieuse, la France muette, celle qui ne défile pas et qui par réaction aux mouvements de rue conforte dans les urnes les gouvernants du moment. [...]
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Henry Moreigne


Déprime automnale à l’UMP

Décidément rien ne va plus pour la majorité. Été pourri et université du même acabit. Le navire UMP prend l’eau, l’équipage regimbe et les officiers se chamaillent. Le capitaine lui ne sort plus de sa cabine. Ce n’est pas encore le radeau de La Méduse mais ça en prend le chemin. Conscient de la situation le second François Fillon affiche sa fermeté : “Les petites phrases, les états d’âme, la majorité a le devoir de s’en dispenser“. Las, son autorité ne dépasse pas celle d’un enseignant face à une classe turbulente de banlieue. Autant dire que ce n’était pas la folle ambiance pour le Conseil des ministres de rentrée. Proches de la sortie, une poignée de ministres se découvre des états d’âme quand les autres pensent assurer leur avenir par de la surenchère. Les coups de machette de Fadéla Amara, Hervé Morin et Bernard Kouchner dans la sacro-sainte règle selon laquelle un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne confirment le pourrissement de la situation. [...]
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Henry Moreigne


Chirac-Delanoë-Sarkozy : les bons comptes font les bons amis mais pas la démocratie

Afin d’accroître ses chances de relaxe, dans l’affaire des emplois présumés fictifs de la Mairie de Paris qui sera jugée fin 2010 ou début 2011, Jacques Chirac est sur le point d’obtenir un protocole d’accord de la Ville de Paris en vertu duquel celle-ci retirera sa constitution de partie civile en échange du remboursement du préjudice subi. Pour être applicable l’accord d’indemnisation devra être adopté par le conseil de Paris, ce que refusent les élus Verts. Les modalités de remboursement font également polémique puisque Jacques Chirac ne rembourserait personnellement que 550 000 € sur 2,2 millions. Le complément (1,65 million €) serait apporté par l’UMP. La manœuvre est cousue de fil blanc : s’assurer que l’ancien chef de l’État se retrouvera sans adversaire, ni accusation devant les juges. Et ce n’est pas du ministère public censé pourtant défendre l’ordre public et les intérêts de la société que risque de venir la menace. [...]
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Henry Moreigne


Eva Joly: un peu d’écologie, beaucoup de puritanisme et de calculs politiques

Daniel Cohn-Bendit (DCB) a encore frappé. Le lancement d’Eva Joly sur la rampe des présidentielles de 2012 constitue pour l’ancien leader de mai 68, coulé depuis 16 ans avec délices dans les confortables sièges du parlement européen, à la fois un bon coup médiatique et un verrouillage de la galaxie écologiste. Pas sûr en effet que le battage médiatique autour d’une personnalité plus connue pour son passé de magistrat que sa vision de la société et de l’écologie se traduise par une entrée en lice effective en 2012. En agitant la figure du puritanisme dans une période marquée par les affaires DCB entend bien faire monter les enchères avec le PS pour mieux négocier des circonscriptions législatives en échange d’un retrait de la candidature écologiste. Un peu rapidement une poignée d’observateurs politiques ou d’admirateurs béats voient dans Eva Joly"une juge rouge". De rouge la franco-norvégienne n’a bien que les lunettes. La chasse aux turpitudes ne constitue pas un certificat de gauchitude pour une personnalité plutôt proche du Modem. "J’ai toujours été de gauche", affirme l’intéressée qui précise qu’elle appartient à la génération 68, qu’elle a"grandi avec le souci de préserver l’environnement, qui est très prégnant en Norvège". [...]
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Henry Moreigne


En attendant 2012 ...

Les malheurs des uns font le bonheur des autres mais pas toujours ceux qu'on croit. Le désamour des français à l'égard de Nicolas Sarkozy semble aujourd'hui d'abord profiter au Front de Gauche et à Europe Écologie. Pas d'emballement. D'ici 2012 la route sera longue et les primaires sont censées donner un coup de booster au candidat socialiste. La multiplication des appétits, pour un scrutin souvent décrit hâtivement comme imperdable pour la gauche, pourrait bien au final servir le président sortant.
D'après une analyse réalisée par l'Ifop pour la Lettre de l'opinion sur les treize cantonales, cinq municipales et deux législatives organisées depuis le mois d'avril, si le PS reste en position hégémonique à gauche, la poussée du Front de gauche et d'Europe Écologie (EE) tendrait à la réduire. [...]
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Henry Moreigne


Sarkozy, ce fils d'immigré qui n'aime pas les étrangers

Si Nicolas Sarkozy est en guerre, c'est contre une certaine idée de la France. Le discours prononcé par le Chef de l'état ce vendredi à Grenoble restera dans les annales, comme un coup de poignard dans le dos de la République. L'idée de pouvoir, dans certaines conditions, procéder à un retrait de la nationalité à des personnes d'origine étrangère renvoie aux fantômes des années 30. Une proposition d'autant plus inquiétante qu'elle fait suite à une stigmatisation éhontée des Roms. Fils d'immigré, Nicolas Sarkozy n'aime pas les étrangers et en fait son fonds de commerce en déplorant l'"échec" du modèle d'intégration français.
"Nous subissons les conséquences de 50 années d'immigration insuffisamment régulées qui ont abouti à un échec de l'intégration", a lancé le chef de l'Etat.
"Le président devrait prendre garde que sa condition de fils d'immigré ne permette pas demain de le déchoir de sa nationalité s'il venait à être poursuivi ou condamné, à tort ou à raison, du fait des conséquences de ses accointances avec les milieux d'affaires", lui a répliqué indirectement Jean-Luc Mélenchon le président fondateur du Parti de gauche. [...]
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Henry Moreigne



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